Calculer l’empreinte carbone d’un parc informatique
Ce qu’on mesure, avec quels facteurs, et pourquoi la fabrication pèse plus que la consommation.
Un bilan d’émissions du numérique se heurte à une idée reçue : on croit qu’il s’agit de compter des kilowattheures. En France, c’est la moitié du sujet, et pas la plus lourde.
Deux postes, pas un
- Le scope 2 couvre l’électricité consommée. Il se calcule à partir de la puissance appelée, du nombre d’heures de fonctionnement et du PUE de la salle.
- Le scope 3 couvre la fabrication du matériel : extraction des matières, production, transport. On l’amortit sur la durée de vie des équipements.
- Le scope 1 est généralement nul pour une salle informatique — sauf groupe électrogène ou fuite de fluide frigorigène.
Pourquoi la fabrication domine
Le mix électrique français est l’un des moins carbonés au monde : de l’ordre de 60 grammes de CO₂ par kilowattheure, contre quatre à dix fois plus chez la plupart de nos voisins. Conséquence directe : produire un serveur émet davantage que le faire tourner pendant sa vie entière.
Cette bascule renverse les priorités habituelles. Allonger la durée de vie du matériel réduit les émissions bien plus efficacement que de le remplacer par des modèles économes — et ne coûte rien.
Le PUE, et l’erreur qu’il fait commettre
Le PUE rapporte l’énergie totale de la salle à celle du seul matériel informatique. Il couvre le refroidissement, les pertes des onduleurs et l’éclairage. Un local technique ordinaire tourne autour de 1,8 ; un centre de données récent descend sous 1,3.
Les onduleurs et les PDU ne sont pas des charges : leurs pertes constituent précisément le numérateur du PUE. Les compter comme consommateurs, puis multiplier par le PUE, revient à les compter deux fois — une erreur qui peut doubler le résultat.
Des facteurs sourcés, ou rien
Un chiffre d’émissions sans son facteur, sa source et son millésime n’est pas opposable. La Base Empreinte de l’ADEME fait référence en France ; pour la fabrication, les fiches environnementales produit fournies par les constructeurs sont bien plus fiables que les ordres de grandeur publiés.
Les empreintes de fabrication génériques portent une incertitude de l’ordre de 50 %. Réclamez les fiches PEP de vos fournisseurs : elles se demandent, et elles s’obtiennent.
Ce qu’un tel calcul ne remplace pas
Le périmètre couvert est celui de la salle informatique. Un BEGES réglementaire, au sens de l’article L. 229-25 du code de l’environnement, couvre l’ensemble de l’organisation : déplacements, achats, postes de travail, fin de vie du matériel. Le volet numérique en est une part, pas le tout.
Avec GenCarbone
Le calcul reprend la puissance que GenBaie a déjà établie en remontant la chaîne d’alimentation : rien n’est ressaisi. Chaque hypothèse est réglable et affiche sa source, et le rapport commence par son périmètre avant de donner un chiffre.